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Le Comité international olympique est extrêmement préoccupé par l’impact que le piratage en ligne pourrait avoir sur les Jeux olympiques de Tokyo prévus. Le comité souligne que l’Arabie saoudite est un domaine problématique et demande au gouvernement américain d’intervenir en plaçant le pays du Moyen-Orient sur sa liste de surveillance prioritaire spéciale 301.

anneaux olympiquesLe Comité International Olympique (CIO) est connu pour maintenir un contrôle strict sur ses droits de propriété intellectuelle.

L’utilisation d’une image des anneaux olympiques ou même simplement du mot «olympique» peut déjà entraîner des problèmes juridiques, surtout lorsqu’elle est utilisée dans un contexte commercial.

Les droits de diffusion sont cependant les plus précieux. Avec littéralement des milliards de dollars en jeu, le CIO et ses partenaires de licence font tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher les gens de diffuser leurs événements sans autorisation.

Malheurs de la piraterie olympique

Cette position a été clairement exprimée une fois de plus dans une récente communication au représentant américain au commerce (USTR). Bien qu’il soit encore incertain si les Jeux olympiques d’été retardés de Tokyo auront réellement lieu, le CIO a également d’autres inquiétudes. L’organisation craint que le piratage ne gâche la «magie» du plus grand événement sportif du monde.

«Nous sommes extrêmement préoccupés par l’impact que le piratage en ligne pourrait créer au cours des 12 prochains mois, qui comprendra une large couverture de diffusion non seulement des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020, mais aussi des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 à Pékin», écrit le CIO.

Alors que le piratage est un phénomène mondial, l’organisation semble être plus préoccupée par l’Arabie saoudite, où beIN Media Group a acquis les droits de diffusion. Les défis de la piraterie en Arabie saoudite sont bien connus et même des Saoudiens de premier plan ont été accusés de promouvoir des services de streaming illicites dans le passé.

Manque d’application en Arabie saoudite

Le contrevenant le plus flagrant était le service de streaming beoutQ, qui a disparu en 2019. À ce moment-là, cependant, de nombreux Saoudiens s’étaient habitués à des options de streaming bon marché et de nombreux services sans licence restent disponibles aujourd’hui. C’est un problème et le CIO appelle à une application plus stricte dans la région.

«Des efforts vigoureux de lutte contre la piraterie de l’Arabie saoudite sont donc essentiels pour protéger les droits exclusifs de beIN dans la région, soutenir les athlètes et sauvegarder les objectifs du mouvement olympique», écrit le CIO.

Le Comité olympique craint que si le piratage demeure endémique, la valeur de leurs droits de diffusion diminuera. Il note que cela menace le financement à long terme du mouvement olympique, dont une partie revient indirectement aux sportifs.

Des torrents au streaming

Ce n’est pas la première fois que le CIO exprime ses préoccupations concernant le piratage. Nos premiers rapports remontent à plus de dix ans, lorsque le Comité a ciblé The Pirate Bay. Au fil des ans, les enjeux ont clairement changé car il existe maintenant des centaines, voire des milliers de services de streaming pirate de haute qualité en ligne.

Le CIO espère que le représentant américain au commerce pourra aider à résoudre ce problème. Il demande le statut de liste de surveillance prioritaire pour l’Arabie saoudite dans le prochain rapport spécial 301 et exhorte les États-Unis à veiller à ce que le pays du Moyen-Orient prenne le problème au sérieux.

«Le CIO demande respectueusement à l’USTR de maintenir la position de l’Arabie saoudite sur la liste de surveillance prioritaire, de s’engager avec le Royaume pour protéger et faire respecter les droits de propriété intellectuelle des titulaires de droits et envisage de prendre d’autres mesures appropriées afin de remédier au préjudice continu causé aux titulaires de droits et aux diffuseurs. contre les violations de droits d’auteur et les activités de piratage », écrit-il.

Le Comité Olympique n’est pas seul

Le CIO n’est pas le seul détenteur de droits à identifier l’Arabie saoudite comme une zone problématique. Les problèmes de piratage du pays sont également soulevés par plusieurs autres groupes industriels, ligues sportives et autres entreprises. Cela inclut beIN, qui détient les droits locaux de diffusion des sports.

BeIN note que beoutQ a effectivement fermé ses portes, mais pas avec l’aide du gouvernement saoudien, qui n’a pas réussi à s’en prendre aux opérateurs. De plus, après la disparition de beoutQ, de nombreux autres services pirates se sont multipliés pour combler le vide.

«Les effets du piratage de beoutQ persistent alors que les applications IPTV téléchargées sur les boîtiers beoutQ continuent d’offrir des milliers de films, d’émissions de télévision et de chaînes de télévision piratés des États-Unis, d’Europe et du monde entier.

«Malgré les plaintes répétées de beIN et d’autres détenteurs de droits, l’Arabie saoudite n’a jamais pris de mesures criminelles ou autres contre beoutQ, ou ses facilitateurs et partisans saoudiens», ajoute beIN dans sa lettre à l’USTR.

Ces soumissions et d’autres seront utilisées comme contribution au prochain rapport spécial 301, qui est utilisé par les États-Unis comme un outil diplomatique pour encourager d’autres pays à améliorer l’application et la législation du droit d’auteur.

Une copie de la lettre du CIO au représentant américain au commerce est disponible ici (pdf)

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