Sur son site Internet, Clearview AI se présente comme un “nouvel outil de recherche utilisé par les forces de l’ordre pour identifier les auteurs et les victimes de crimes”. UNE enquête conjointe menée par plusieurs bureaux de commissaires canadiens, cependant, a conclu que Clearview AI se livrait à une surveillance de masse illégale, et les commissaires demandent maintenant à l’entreprise de cesser d’offrir des solutions technologiques de reconnaissance faciale aux clients canadiens, de cesser de collecter des images d’individus au Canada et de supprimer toute image précédemment recueillie d’individus au Canada.

La startup américaine très controversée de reconnaissance faciale a cherché à contrer les conclusions de l’enquête en affirmant que ses actions ne constituent pas une surveillance de masse car toutes les images collectées sont des images déjà accessibles au public en ligne et le consentement individuel ne serait pas requis dans ce cas. cas. Clearview a également fait valoir que les personnes qui avaient publié ou autrement autorisé la publication de leurs images en ligne n’avaient jamais eu d’attentes ou de préoccupations raisonnables pour leur vie privée qui justifieraient une violation de la liberté d’expression de Clearview. En outre, Clearview soutient essentiellement que les besoins commerciaux de l’entreprise l’emportent sur les droits à la vie privée des individus lors de l’examen des avantages potentiels de la technologie lorsqu’elle est utilisée aux fins prévues.

Fondée en 2017, Clearview AI a, au cours de son existence relativement courte, construit une base de données gigantesque de plus de 3 milliards d’images de visages de personnes extraites de diverses sources en ligne accessibles au public, y compris des comptes de médias sociaux et des articles de presse, ainsi que des photographies et des téléchargements de systèmes de surveillance par les forces de l’ordre. et d’autres. Le logiciel de reconnaissance faciale développé par l’entreprise peut identifier efficacement et précisément les individus en quelques secondes, même si le visage de l’individu est partiellement masqué.

La société a amassé une base de clients mondiale substantielle composée de milliers d’agences d’application de la loi, de services de police locaux et d’autres organisations du monde entier. La liste des clients canadiens de Clearview AI comprenait autrefois 48 organismes d’application de la loi canadiens (y compris la Gendarmerie royale du Canada) et d’autres organisations. À la suite de l’enquête conjointe des commissaires, cependant, la technologie de reconnaissance faciale de Clearview AI n’est plus disponible pour les clients canadiens.

Dans une déclaration à la suite de la conclusion de l’enquête sur les pratiques de reconnaissance faciale de Clearview AI, Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, a déclaré:

Ce que fait Clearview, c’est une surveillance de masse, et c’est illégal. C’est un affront aux droits à la vie privée des individus et inflige un préjudice généralisé à tous les membres de la société, qui se retrouvent continuellement dans une file de policiers. C’est totalement inacceptable.

Daniel Therrien

Les commissaires ont rejeté les arguments de Clearview AI niant que les pratiques de reconnaissance faciale de l’entreprise sont illégales et soutenant que l’entreprise n’est pas liée par les lois canadiennes sur la protection de la vie privée parce qu’elle n’a aucun «lien substantiel» avec le Canada – malgré le fait que l’entreprise commercialise activement son produit conformément au droit canadien organismes d’application de la loi et recueille activement des images de résidents canadiens. En vertu des lois canadiennes sur la protection de la vie privée, les entreprises sont tenues d’obtenir le consentement des individus avant d’utiliser leurs données personnelles.

Clearview AI, cependant, s’appuie fermement sur son affirmation selon laquelle le consentement n’est pas nécessaire car les images proviennent toutes de sources en ligne accessibles au public. Il s’agit d’une affirmation qui tiendrait dans certaines circonstances, mais pas dans celle-ci, selon le rapport des commissaires, qui déclare que «les informations collectées à partir de sites Web publics, tels que les réseaux sociaux ou les profils professionnels, puis utilisées à des fins indépendantes , ne relève pas de l’exception «accessible au public» de la LPRPDE ».

Michael McEvoy, commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique, a exprimé sa désapprobation des pratiques de reconnaissance faciale de Clearview:

Notre enquête révèle la grande quantité d’informations personnelles collectées à l’insu des personnes ou sans leur consentement. Il est inacceptable et profondément troublant qu’une entreprise crée une base de données géante de nos données biométriques et la vende à des fins lucratives sans reconnaître sa nature invasive.

Michael McEvoy

L’enquête a conclu que les pratiques de Clearview enfreignent directement les lois canadiennes sur la protection de la vie privée en raison principalement de la nature hautement sensible des données biométriques collectées et vendues par l’entreprise à l’insu des personnes concernées ou sans leur consentement.

Bien que Clearview ait accepté de mettre fin à ses services aux clients canadiens, la société n’a signalé aucune indication qu’elle serait disposée à cesser de collecter des images de personnes au Canada, ni qu’elle serait disposée à supprimer les images précédemment collectées.

Les autorités canadiennes sont prêtes à intenter des poursuites judiciaires contre l’entreprise si elle continue de rechigner à se conformer aux lois canadiennes sur la protection de la vie privée.

À la suite des conclusions de l’enquête, plusieurs commissaires ont préconisé des lois plus strictes sur la protection de la vie privée qui contribuent davantage à protéger convenablement la vie privée des résidents canadiens. Le commissaire Therrien a déclaré qu’il espérait que «les parlementaires enverront un message clair que là où, comme ici, il y a un conflit entre les objectifs commerciaux et la protection de la vie privée, le droit à la vie privée des Canadiens doit prévaloir».


Crédit d’image vedette: Ascannio / Shutterstock.com

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