PARIS (Reuters) – Les enquêteurs antitrust français ont accusé Google d’Alphabet Inc. de ne pas avoir respecté les ordonnances de l’autorité nationale de la concurrence sur la manière de mener des négociations avec les éditeurs de presse sur le droit d’auteur, ont déclaré deux sources qui ont lu le rapport des enquêteurs.

PHOTO DE FICHIER: Le logo de Google est visible lors du rassemblement de startups de haut niveau et de leaders de la haute technologie, Viva Tech, à Paris, en France, le 16 mai 2019. REUTERS / Charles Platiau

Dans le rapport de 93 pages, connu sous le nom de communication des griefs, les enquêteurs ont écrit que le non-respect de Google était d’une nature exceptionnellement grave, ont déclaré les sources.

Cela fait suite aux plaintes des éditeurs de presse français selon lesquelles Google n’a pas réussi à s’entretenir de bonne foi avec eux pour trouver un accord. Les mêmes éditeurs ne faisaient pas partie de l’accord de trois ans de 76 millions de dollars signé entre la société américaine et un groupe de 121 publications, comme l’a rapporté Reuters plus tôt ce mois-ci.

L’accord a été présenté comme une avancée majeure tant par Google que par les éditeurs qui l’ont signé, mais a rendu de nombreuses publications furieuses.

L’autorité française de la concurrence peut infliger des amendes allant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires aux entreprises qu’elle juge en violation de ses règles. Les ventes annuelles de Google s’élevaient à environ 183 milliards de dollars en 2020.

Le rapport d’enquête est un élément clé du processus de sanction de l’autorité, mais il appartient au conseil de surveillance, dirigé par Isabelle de Silva, de décider s’il y a lieu de prononcer une sanction.

L’année dernière, la plus grosse sanction jamais infligée par l’autorité antitrust française a été infligée au fabricant d’iPhone Apple Inc, avec une amende de 1,1 milliard d’euros (1,34 milliard de dollars) pour comportement anticoncurrentiel envers son réseau de distribution et de détail.

Une porte-parole de l’autorité de la concurrence a refusé de commenter.

En réponse à une demande de commentaire de Reuters, Google a déclaré dans un communiqué: «Notre priorité est de nous conformer à la loi et de continuer à négocier de bonne foi avec les éditeurs, comme en témoignent les accords que nous avons conclus avec les éditeurs ces dernières années. mois.”

“Nous allons maintenant revoir la communication des griefs et travaillerons en étroite collaboration avec l’autorité française de la concurrence”, a-t-il indiqué.

Le rapport français sur les tactiques de négociation de Google intervient à un moment où des pays du monde entier poussent les géants américains de l’internet tels que Google et Facebook Inc à partager davantage de revenus avec les éditeurs de nouvelles. La question a attiré l’attention internationale cette semaine lorsque Facebook a interdit toutes les nouvelles de ses services en Australie sur un projet de loi là-bas qui imposerait l’arbitrage.

Selon les deux sources, les enquêteurs français affirment que Google ne s’est pas conformé aux demandes du chien de garde d’entamer des négociations avec les éditeurs dans un délai de trois mois et de fournir toutes les données dont le chien de garde estimait avoir besoin.

Le lobby des éditeurs qui a signé l’accord avec Google, l’APIG, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. L’agence de presse française AFP et un autre groupe de pression médiatique, SEPM – qui n’ont pas signé d’accord avec Google – n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Reuters a conclu son propre accord mondial avec Google en janvier à des conditions qui n’ont pas été rendues publiques.

Reportage de Mathieu Rosemain à Paris; Édité par Peter Graff et Matthew Lewis

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